Blog d’une arpenteuse en terres intérieures

Autoroute

Dix heures de route. J’ai observé les camionneurs: tous des hommes aux cheveux courts. Je me suis inscrite à un stage de danse: un homme pour dix femmes. Comme dans tous les stages de tout ce que j’ai fait jusqu’à présent. Peut-être que je devrais apprendre à conduire un camion, pour faire basculer les statistiques. Mais j’aime danser. Les camionneurs dansent-ils sur les aires d’autoroute?

Marches à Marseille

Vue depuis La Pointe Rouge par jour de grand vent

Ces dernières semaines j’ai vadrouillé dans Marseille sous prétexte de trouver un appart mais réellement pour tester l’air de la ville quartier par quartier. Pas pris beaucoup de photos mais vlà quelques unes de mes cartographies personnelles: le super spot de méditation découvert par hasard, les cafés sympas et autres lieux des possibles…

Où il est question d’amour

Quand je coupe une branche en réponse aux demandes des voisins, quand je parle d’argent avec la propriétaire du lieu où je vis et dont je prends soin, de choix et de liberté avec un inconnu aux idées différentes des miennes qui me dit « vous allez faire ça parce qu’il le faut », la colère monte. Pas tout de suite: d’abord, le choc. Plus tard, la colère. Un discours se construit en moi sur tout ce qui, de mon point de vue, ne va pas dans la société des Hommes, avec au coeur du problème l’argent et l’économie. Au coeur… là où il n’y a pas de coeur?

« Mais vous n’avez donc pas de coeur! » un cri en moi, que je retiens. Où est mon blind spot, l’erreur de jugement, le manque d’informations sur celui ou celle qui me fait face? Pas de coeur? L’absence d’amour se construit, voilà ce que je crois, et même notre président a été un jour un enfant, comme m’a appris la chanson écrite par un ami de chant (merci l’ami!)

Dans le documentaire que j’ai vu hier, l’homme sans coeur qui écrase sa fille sous ses attentes révèle à la fin… quoi? Un coeur d’or? Ou un désir de prouver aux voisins qu’ils ont tord? Pour sa fille, ou pour lui; pour qui agit-il? Pour qui agit-on?

J’ai rêvé qu’un autre être humain m’aimait sans conditions, telle que je suis, un rêve/souvenir, une certitude absolue d’un instant. Et, repue d’amour, je n’avais plus qu’un désir: partir. Ce que tu m’as donné, je veux en retour le donner à d’autres. Partager, sans contrainte, sans tradition qui me lie à toi ou un autre. Si je me sais aimée sans conditions, je peux aimer sans conditions. Le don sincère, spontané, comme monnaie d’échange?

« Je t’aime, toi. Vas en aimer d’autres. »

Oh! Je me souviens! Un autre jour, une autre personne, un autre rêve/souvenir. Il ne m’avait pas comprise, il n’avait pas entendu mon message! Quand je lui ai dit « je suis amoureuse de toi » ses oreilles ont entendu « veux-tu sortir avec moi? » Quelle drôle d’idée! Dès le début, on ne s’était pas compris. Je voulais te dire ceci: « tu es aimé sans conditions, tel que tu es, par moi aujourd’hui. Je ne te demande rien en retour, juste d’entendre ces mots, juste d’écouter comment leur message résonne en toi »

« Les hommes! » pense la femme en moi, « Ouvrez vos oreilles! »

Chaque jour, chaque heure, à chaque battement, je sens mon coeur qui s’ouvre et se referme.

Sources d’inspiration: le livre « Sapiens, une brève histoire de l’humanité » de Yuval Noah Harari, le docu d’Arte « Les mal-aimées de la Chine » et aussi un peu Harry Potter