Blog d’une arpenteuse en terres intérieures

Insectes

J’aurai aimé ajouter la mante religieuse, le renard et les oiseaux, huppe fasciée et rollier d’Europe (?) (un gros oiseau rouge et bleu) mais pas de photo. Le premier insecte a trois joyaux rouges incrustés sur le front et je suis sûre que les mantes religieuses viennent d’un autre monde.

La mare aux abeilles

Au bord de la mare aux abeilles

Les plantes et les animaux donnent par leur simple présence. C’est le genre de réflexion qui me vient ici, posée dans un jardin accueillant. Les animaux, oui, pas les animaux-humains. On retient notre force de don.

Comment ouvrir, comment donner? J’écoute en-dedans, sens une résistance. Une porte fermée. Comme de vieux volets rouillés, de l’autre côté le grand jour mais les planches sont lourdes, immobilisées depuis longtemps. Assise dans l’ombre je regarde les poussières qui flottent vers moi, petits éclats de lumière matérialisée.

Lève-toi. Tends la main. Que vois-tu? (rien) Ok, je vais t’aider. Derrière il y a une vaste lumière, que tu connais. Elle est plus que de la lumière. Sans appartenir à la matière elle est plus solide que cette dernière car elle peut la traverser, la transformer sans effort. D’un blanc qui fait dire « ah! Voilà le Blanc comme si je le voyais pour la première fois! » D’une luminosité qui fait pâlir toutes les lampes et que pourtant tu peux regarder en face sans douleur. Une lumière accueillante, pleine de réponses.

– Lumière, que manque-t-il à ma vie?

Je ne manque pas une occasion de poser cette question mais n’obtiens JAMAIS de réponse concrète. Arf. En fait, là, pas de réponse du tout. Simplement, soudain, je sais qu’il ne me manque rien. Plus exactement: au contact de cet espace de paix, ma question perd son sens. Vu d’ici, je sais que tout est ok.

– Pourquoi alors suis-je triste?

– Car tu t’évapores.

– What?

Mes conversation avec cette Plus Grande Moi, aussi nommée intuition, sont encore en mode bêta-test. Dans mon corps, les messages sont clairs, mais les mots viennent trop vite, en tas confus que j’apprends à ralentir, déplier, traduire…

– « Évapore »…? Tu veux dire « éparpille »? Je m’éparpille trop?

– Oui.

Et comment je peux ne PAS le faire??? m’énerve-je pour rien car ça ne répond pas aux questions stupides. Il faut sentir qu’elle est la bonne question. Celle dont la réponse est déjà là.

– Ok. Sur quoi me centrer?

– Sur toi.

– …Pourquoi?

Encore une question sans réponse. Les moustiques me chassent du jardin, je continuerai ce dialogue un autre jour.

Passage de nuages sur le plateau du Vercors